La société chinoise BYD se prépare activement au lancement de la révolutionnaire E6, première voiture électrique à être produite en masse. Si la E6 reste pour l'instant tapie dans l'énorme complexe industriel de BYD à Shenzen, elle va bientôt passer en position d'avant-garde dans la politique de l'entreprise, voire de l'industrie chinoise, de conquête de parts du futur marché des "véhicules propres".Les autorités chinoises favorisent la production de véhicules hybrides et électriques, dans le but avoué de devancer les constructeurs automobiles étrangers. La lutte contre la pollution de l'air est également un objectif majeur dans un pays confronté à des défis titanesques.
Les défis du marchés chinois:
selon certains analystes, la taille du marché automobile chinois devrait être multipliée par dix entre 2005 et 2030; la consommation d'essence et de diesel bondira de 100 millions à 500 millions de tonnes. Cela se traduira par une hausse vertigineuse de dégagement de CO2, alors que la Chine a déjà dépassé les USA comme principal pays producteur de gaz à effet de serre.
Les véhicules hybrides ou électriques ne vont pas radicalement modifier le bilan chinois car 70 % de l'électricité est produite par des centrales à charbon très polluantes. Si la production à grande échelle de véhicules propres va diminuer le niveau d'émission de gaz nocifs de 19 %, le volume global des émissions de gaz à effet de serre va en revanche être multiplié par quatre dans les 20 prochaines années.
Politique économique:
Face à cauchemar écologique annoncé, les autorités chinoises ont récemment annoncé une aide de 50 000 yuans pour l'achat d'un véhicule hybride ou électrique. L'état incite également les compagnies urbaines de taxis à s'équiper de ce type de véhicules alors que les les acteurs nationaux et régionaux du secteur de l'énergie se voient imposer le développement de réseaux de de stations de rechargement électriques.
BYD futur acteur majeur:
BYD sera le principal bénéficiaire de cette politique industrielle. Son fondateur, Wang Chuanfu, ambitionne de devenir le plus grand constructeur automobile de Chine en 2015 et le premier mondial en 2025.
Bien que BYD produise un tiers de l'ensemble des batteries de téléphones portables (clients Nokia, Motorola, Samsung..), la compagnie est encore peu visible à l'international. Fin 2008,le début de la production de masse de voitures hybrides BYD F3 DM a marqué l'arrivée de la société face à Toyota et General Motors. Les 10 000 ingénieurs de BYD se sont penchés sur la E6 et ont conçu la technologie basée sur le lithium/fer de la batterie, jugée moins polluante par l'industriel face à ses concurrents. La E6, véhicule 5 places, disposera d'une autonomie de 300 voire 400 km et pourra atteindre la vitesse de pointe de 160 km/h.
Vidéo: la présentation de la BYD E6 a marqué le salon automobile de Détroit (VO US).
Autres acteurs émergents:
Avec BYD mais aussi avec d'autres entreprises, la Chine espère devancer ses concurrents étrangers. Chaque mois de nouveaux investissements dans le secteur des transports et de l'énergie chinois sont annoncés: Chery Auto a annoncé en mars la sortie de la S18EV électrique, (autonomie 150 km), Xinri Electric a entamé la construction d'un complexe capable produire 5 millions de scooters électriques et vélos par an. Une dizaine d'entreprises se sont lancées dans le secteur innovant des bus électriques. Pourtant le symbole le plus visible de la mutation annoncée de la Chine est l'apparition de triporteurs (sanlunches) électriques équipés de panneaux solaires dans les rues de Pékin.
Comme l'indique Henry Li, responsable de la division export de BYD "nous ne cherchons pas à sauver le monde mais à gagner de l'argent.Si nous pouvons sauver la planète en même temps, tant mieux".
Nous voici avertis.
steve
sources:
- The Guardian (2 avril 2009) ;
- chine-informations.com ;
- blog automobiles chinoises (china-roots.com);
- BYD et voiture électrique (electron-economy.org).
