mardi 3 février 2009

Carburants alternatifs, un business verdoyant !


Le succès du vol test, sans passagers, d'un Boeing 747 de la compagnie Japan Airlines, alimenté en parti par un mélange de kérosène et de bio-carburant, dit de « deuxième génération », relance le sujet des carburants alternatifs.Après les bio-carburants "première génération", produits à partir de plantes alimentaires, voici les bio-carburants "deuxième génération", issus de végétaux non-alimentaires.


La recherche de carburants alternatifs est devenue la priorité pour les principaux avionneurs du marché. Partenaire de l'opération déroulée en fin de semaine dernière, le géant américain Boeing soutient activement la recherche pour mettre au point un carburant alternatif, capable de répondre aux spécificités requises par les appareils Boeing sans avoir à effectuer de modifications matérielles. Bill Glover, responsable de la stratégie environnementale pour la division Aviation commerciale de Boeing, fait partie du comité de direction de l’association Algal Biomass Organization qui regroupe des scientifiques et des industriels dans le but d'accélérer le développement et les applications commerciales des algues en tant que biomasse. La compagnie aérienne britannique Virgin Atlantic, qui avait déjà réalisée, avec succès, cette expérience, un an plus tôt, avec un Boeing 747, alimenté à 20% par un bio-carburant associé à du kérosène traditionnel, est aussi sensibilisé au sujet. Enfin, Airbus n’est pas en reste, non plus, dans cette course aux carburants alternatifs. Après un essai réussi avec une alimentation au gaz naturel, la compagnie française s’est associée au groupe américain de défense Honeywell et au transporteur aérien américain JetBlue pour développer un bio-carburant spécifique au transport aérien.


Il s’agit d’une véritable compétition entre les compagnies aériennes : laquelle sera la première à proposer un « bio-jet » ?! Mais protéger la planète des émissions de CO2 reste secondaire et l'argent demeure le nerf de la guerre ! Inutile de rappeler que le marché énergétique est important et la demande forte. Alors, après le lobby pétrolier place au lobby des bio-carburants.


Souvenons-nous de la guerre sans merci opposant les gros producteurs de biocarburants de première génération, comme le groupe Archers Daniels Midland, responsables de la hausse du prix des céréales, et les écologistes défenseurs des terres agricoles nourricières et de l’affaire du B99 mettant en cause le puissant lobby américain, National Biodiesel Board (NBB).


Aujourd’hui la polémique semble close et l’apparition de bio-carburants « deuxième génération », conçus à partir d’algue, de bois, d’herbe, ou de paille de maïs ou de blé, rassure les esprits. La production agricole vivrière serait donc compatible avec la production de carburant alternatif offrant au business du biocarburant "deuxième génération" de beaux jours devant lui ! Affaire à suivre !

6 commentaires:

. a dit…

Le biocarburant est un leurre pour la protection du climat... => culture intensive qui vide les sols au détriment de notre propre alimentation.

coccinelle a dit…

Je suis bien d'accord avec toi. La recherche en biocarburant est une parade pour rassurer les esprits et derrière le business continue. Le marché de l'énergie est hyper stratégique !

En ce qui concerne la déminéralisation des sols par des cultures intensives, nous n'avons pas attendu la production de biocarburants pour cela. Existait un temps où l'on alternait terre céréalière, terre en pâturage et terre en jachère pour refaire les sols. Aujourd'hui l'équation temps et rentabilité est faussée par l'appât du gain.

Elisabeth Fain a dit…

et quel serait la repercussion de ces bio-carburants sur le prix des billets d'avion? Il me semble en effet que le montant du voyage dépend dans ses grandes lignes du prix du kerosène.
Le consommateur sera certes heureux d'apprendre qu'il pollue moins grâce à ces nouvelles techniques, mais serait à mon avis bien plus content de payer moins!

citronnier a dit…

Bien dit Elisabeth !!

François a dit…

Très juste!!

Adrien M. a dit…

Coccinelle tu as bien fait de préciser que la réduction des émissions de CO2 n'est que secondaire car les avions ne représentent que 2% des émissions de gaz à effet de serre.